Ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est une cliente, quelques semaines après avoir reçu son livre.
Une phrase posée simplement, dans un message de remerciement, sans effusion, sans dramatisation.
“Mon livre a eu un franc succès et surtout une très belle thérapie pour ma part.”
Je relis souvent cette phrase, non pas par vanité. Mais parce qu'elle dit quelque chose d'essentiel sur ce que le travail biographique fait réellement : quelque chose que je n'aurais pas formulé moi-même aussi justement.
On croit commander un livre, on reçoit autre chose.
Un récit mis en ordre, oui. Des souvenirs reliés, oui. Mais aussi; et c'est ce que les clients découvrent souvent en cours de route, une façon de se voir autrement.
De comprendre pourquoi certaines choses ont compté, pourquoi certaines blessures ont tenu si longtemps.
Raconter sa vie à quelqu'un qui sait écouter, qui sait poser les bonnes questions, qui transforme le chaos des souvenirs en quelque chose de cohérent et de beau est un acte profondément réparateur.
Les philosophes du soin appellent ça la “narrative identity” : l'idée que nous nous construisons à travers les récits que nous faisons de nous-mêmes. Quand ce récit prend forme, quand il existe enfin en dehors de soi, quelque chose se dépose.
Quelque chose se termine, pour que autre chose commence.
Ce n'est pas de la thérapie au sens clinique.
Je ne suis pas thérapeute.
Mais je suis le témoin de ce que provoque le fait de se raconter vraiment, profondément, sans honte et sans oubli volontaire.
Et ce que cette cliente a nommé thérapie, je l'appelle simplement : transmission accomplie.
✒️ Mademoiselle Serra
Mélissa Serra est biographe familiale dans la Loire. Elle accompagne les familles de toute la France à préserver les histoires de vie avant qu'elles ne disparaissent
